10 août 2026 à 19:20
Histoire
Né à Saint-Émilion le 10 mai 1996.
30 ans.
Alcoolique sur les bords, passionné de vin, bon vivant, froid et autoritaire, dénigrant sur les performances, il peut tout de même faire preuve d’une grande empathie.
Il se présente à 20 ans, en 2016, au centre de recrutement de l’armée de Terre de Bordeaux. Muni uniquement d’un bac +2 en mécanique, il commence ainsi sa carrière en tant que recrue dans le 144e régiment d’infanterie de Bordeaux.
Après quelques mois, Léonard a pris ses habitudes dans la caserne. Les entraînements ne l’épuisent plus comme avant et il commence à connaître les bases du métier militaire. Mais un matin, alors qu’il n’est que 6 h, Léonard observe par sa fenêtre un régiment extérieur à la caserne s’entraîner. Curieux, il les regarde attentivement et est vite frappé par leur efficacité et leur vitesse d’exécution sur les exercices.
Pendant deux semaines, tous les matins à l’aube, Léonard les regarde s’entraîner. Au début, il reste dans sa chambre, puis il descend les voir de plus près. Enfin, Léonard approche l’instructeur et lui pose une question :
— Comment fait-on pour rejoindre votre régiment ?
L’instructeur rétorque :
— Tu ne le rejoins pas, c’est lui qui vient à ta rencontre. Si tu es doué, alors tu seras potentiellement accepté pour les recrutements.
Peu de temps après, il fait la demande d’une réorientation dans le 911e régiment d’infanterie secouriste. Mais, à cette époque, Léonard ne savait pas que ce régiment n’était pas comme les autres.
Léonard se présente donc aux recrutements. Le premier jour, à 13 h, un instructeur se place devant la foule de jeunes soldats enthousiastes.
« Bien le bonjour, chères potentielles recrues. Je suis le sergent instructeur Echo. Vous ne connaîtrez ni mon nom ni celui d’aucune autre des personnes que vous côtoierez au cours des prochains jours. Nous vous affublerons chacun d’un numéro ! »
Sur ces paroles, une dizaine d’instructeurs vinrent et emmenèrent la foule à leurs quartiers. Sans un mot, Léonard reçut le numéro 14337, son paquetage et sa chambre avec deux autres personnes : les numéros 25730 et 56003.
Très vite, Léonard sympathisa avec ses camarades de chambre en se disant que ce recrutement serait simple, vu que la première journée s’était passée sans aucune épreuve. En plus, la nourriture est bonne et les lits douillets.
Mais alors que le soleil feignait de se lever, un bruit sourd retentit. À 4 h du matin, un son strident réveilla toutes les matricules, comme deux casseroles que l’on entrechoque. Et, au moment où tout le monde pensait pouvoir se réveiller calmement, des hommes cagoulés vinrent sortir de force toutes les recrues, une par une, en les traînant hors de leur chambre et en criant de se rendre au parcours d’entraînement.
Il pleuvait à verse. Tous les numéros étaient réunis en ligne, au repos, en tee-shirt, marcel et short : le pyjama réglementaire que leur avait donné le service logistique. Les pieds dans la boue, frigorifiées et trempées, les recrues tremblaient toutes ensemble.
Cet instant fut de courte durée avant qu’un homme en ciré jaune n’apparaisse en criant :
— Garde à vous !
Les lumières des lampes torches éblouissaient les jeunes recrues, toutes au garde-à-vous.
Le ciré reprit en criant :
— Je suis le major Gamma. Vous êtes ici sous ma responsabilité. Au 911e, on est une grande famille et, comme dans toute bonne famille, il y a un père. Je serai donc votre père : violent, autoritaire et sans pitié. Car on ne manque pas de respect à papa. Vous n’ouvrez votre gueule que pour dire : « Oui, major » et « Pardon, major ». Vous êtes ici dans ma demeure, alors bienvenue en enfer !
Sur ces paroles, Léonard et tout le peloton enchaînèrent épreuve sur épreuve, finissant couverts de boue et avec des plaies partout sur les mains et le corps. Cela marque son début dans le 911e régiment d’infanterie secouriste.
Les mois passèrent et Léonard arriva au terme de ses concours en janvier 2017. Après trois mois d’agonie, il était enfin devenu soldat de 1re classe du 911e régiment d’infanterie secouriste.
Après ça, Léonard enchaîna les missions et les entraînements sans laisser place au repos. Parti cinq fois en opération extérieure, il connaît le terrain et préfère enfouir ses souvenirs du Mali, où il a perdu 25730, ou plutôt Jean Roche, son ex-camarade de chambre, mort à cause de l’explosion d’une mine.
Après sept ans de bons et loyaux services, Léonard s’est hissé au grade de sergent-chef et dirigeait son propre peloton.
Suite à ça, Léonard change encore de voie et part dans la gendarmerie, où il rejoint la BRI après avoir passé les formations haut la main. Grâce à son palmarès fulgurant dans le 911e, il obtient rapidement le grade de major.
Léonard opère pendant trois ans avec la BRI de Paris, où il réussira avec son équipe à neutraliser une prise d’otages incluant 32 civils et 17 terroristes.
Mais, après son vécu au Mali et un trop-plein de violence, il décide de raccrocher pour devenir instructeur à son tour.
Léonard est alors envoyé à la Gendarmerie nationale pour y passer les concours de formation militaire. Il réussit brillamment et est assigné au centre de formation de la ville de Novalys le 28 juillet 2026.
Psychologie
Léonard Delorme était un enfant curieux, énergique et particulièrement fougueux. Ayant grandi dans la campagne bordelaise, il passait la majeure partie de son temps à explorer les bois, les champs et les alentours de son village, développant très tôt un goût prononcé pour l’aventure et la découverte.
Élevé dans un cadre strict, marqué par l’influence de son père, ancien militaire reconverti en paysan, Léonard a grandi avec une profonde admiration pour celui-ci. Son plus grand rêve était de suivre ses traces et, un jour, de le dépasser en accomplissant une carrière militaire exemplaire. Cette ambition a forgé chez lui une volonté de réussir presque inébranlable, ainsi qu’une ténacité hors du commun qui l’a accompagné tout au long de sa vie.
De nature très sociable et communicative, Léonard s’est toujours attaché facilement aux personnes qui l’entouraient. Loyal envers les siens, il n’a jamais hésité à se mettre en danger pour protéger ses camarades. Cependant, la mort de Jean Roche lors d’une opération au Mali a profondément bouleversé sa manière d’aborder les relations humaines. Depuis ce drame, il évite de créer des liens trop rapidement, par peur de revivre une perte aussi douloureuse.
Au premier abord, Delorme apparaît comme un homme froid, exigeant et extrêmement attaché au règlement. Son autorité naturelle, son regard dur et sa voix puissante imposent immédiatement le respect, voire l’appréhension. Exigeant envers lui-même comme envers les autres, il supporte difficilement la médiocrité et n’hésite pas à se montrer sévère lorsque les performances ne sont pas à la hauteur de ses attentes.
Pourtant, cette façade cache une personnalité profondément bienveillante. Derrière son caractère austère se trouve un homme attentif, protecteur et capable d’une grande empathie envers les personnes qu’il considère comme les siennes. Il préfère encourager par la rigueur plutôt que par les compliments, convaincu que l’excellence naît de l’effort et de la discipline.
Excellent orateur, Léonard possède une éloquence naturelle et une présence imposante qui captivent son auditoire. Ses discours sont marqués par leur intensité, leur sincérité et leur capacité à motiver ceux qui les écoutent. Il sait inspirer autant qu’intimider, qualité qui lui a valu le respect de ses subordonnés comme de ses supérieurs.
Depuis le décès de ses parents, Léonard considère que sa véritable famille est composée des hommes et des femmes avec lesquels il sert. Malgré les épreuves qu’il a traversées, il s’efforce de rester souriant et disponible auprès de ceux qui lui sont proches. En revanche, face aux inconnus, il conserve volontairement une attitude distante et réservée, utilisant cette froideur comme une carapace destinée à se protéger émotionnellement. Pour lui, garder ses distances est le meilleur moyen d’éviter que les blessures du passé ne se répètent.